BM 178-4 2020

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Bulletin monumental 178-4 : Sommaire

Articles

- Alain Erlande-Brandenburg (1937-2020), par Bertrand Jestaz

- Un silence monumental. L’épitaphe d’un évêque sans nom à la cathédrale Saint-Pierre d’Angoulême (XIIe siècle), par Delphine Boyer-Gardner

- Une œuvre de Germain Pilon retrouvée, par Laurence Fligny

- Le clocher de l’église Saint-Louis-en-l’Île, à paris (1765) : une œuvre de François Antoine Babuty-Desgodets (1716-1766), par Léonore Losserand

Mélanges

- De l’utilité des guides de voyage et autres sources périégétiques pour l’histoire de l’architecture, par Emmanuel Lurin

Actualité

Allier. Hérisson. Les peintures murales du début du XIVe siècle de la maison dite «  la Synagogue  » existent toujours (Térence Le Deschault de Monredon)

Loiret. Orléans. Programme de recherche sur les caves (SICAVOR) [Clément Alix et Alain Salamagne]

Somme. Amiens. Cathédrale Notre-Dame : acquisition d’un relief attribué au jubé (François Séguin)

Yvelines. Bailly. Fouilles archéologiques de la grotte du château de Noisy en 2019 (Bruno Bentz)

Chronique

Architecture civile romane. France-Angleterre Angleterre : enrichissement du corpus de l’habitat roman (Pierre Garrigou Grandchamp). — Strasbourg : habitat de la reconstruction après l’incendie de 1397 (Pierre Garrigou Grandchamp). — Strasbourg : Restitution d’un quartier aristocratique XIIe-XIVe siècle (Pierre Garrigou Grandchamp)

Versailles. Versailles : à propos de dépendances du château au Potager (Léonore Losserand)

Architecture, XIXe siècle. France-Belgique. Une «  belgitude  » des châteaux XIXe ? (Françoise Hamon)

Tapisserie et broderie. XVIIe siècle. Une tenture brodée du XVIIe siècle (Nicole de Reyniès)

Manuscrits de Beatus. Espagne chrétienne du haut Moyen Âge : quand l’Antéchrist s’invite dans un débat que l’on croyait clos (Yves Christe)

Bibliographie

Architecture. Jean-Marie Guillouët et Ambre Vilain (dir.), Microarchitectures médiévales. L’échelle à l’épreuve de la matière (Michele Tomasi). — Sébastien Bully, Alain Dubreucq et Aurélia Bully (dir.), Colomban et son influence. Moines et monastères du haut Moyen Âge en Europe. Colombanus and his influence (François Heber-Suffrin). — Xavier Barral i Altet, Els Banys «  Àrabs  » de Girona. Estudi sobre els banys públics i privats a les ciutats medievals (Caroline Fournier). — Boris Bove, Murielle Gaude-Ferragu et Cédric Michon (dir.), Paris, ville de cour (XIIIe–XVIIIe siècle) [Julien Noblet]. — Sophie Mouquin, Versailles en ses marbres. Politique royale et marbriers du roi (Stéphane Castelluccio)

Vitrail. G. Buchinger, E. Oberhaidacher-Herzig, C. Wais-Wolf, Die mittelalterlichen Glasgemälde in Niederösterreich, 2. Teil, Krenstetten bis Zwettl (ohne Sammlungen) ; G. Buchinger, E. Oberhaidacher-Herzig, C. Wais-Wolf, Die mittelalterlichen Glasgemälde in Niederösterreich, 3. Teil, Sammlungsbestände (ohne Stiftssammlungen), Burgenland (Brigitte Kurmann-Schwarz)

Fonte d’art. Charles Avery, Il Bresciano, Bronze-Caster of Renaissance Venice (1524/25-1573) [Bertrand Jestaz]

Livres reçus. Damien Delanghe, Mille ans de troglodytisme à Saint-Émilion. — Corpus de la statuaire médiévale et Renaissance de Champagne méridionale et de l’Est de la France, publ. par Patrick Corbet et Jean-Luc Liez, vol. IX (Canton de Bar-sur-Aube), t. 2, Canton de Bar-sur-Aube Villages

Résumés analytiques

Un silence monumental. L’épitaphe d’un évêque sans nom à la cathédrale Saint-Pierre d’Angoulême (XIIe siècle), par Delphine Boyer-Gardner

À la cathédrale Saint-Pierre d’Angoulême, une inscription du xiie siècle célèbre de façon inhabituelle un défunt anonyme, un évêque, dont il est traditionnellement admis qu’il s’agit de Guillaume († 1075). La déconstruction du travail de mémoire mené au XIXe siècle en lien avec la rénovation de l’édifice permet cependant d’envisager qu’il puisse en réalité s’agir de Girard († 1135). Cette hypothèse, explorée par le biais d’une mise en perspective textuelle et monumentale de l’inscription, va à l’encontre d’une historiographie fondée sur la disgrâce que connut cet évêque vis-à-vis de Rome à la suite du schisme des années 1130, lui refusant de fait toute possibilité de postérité positive. L’étude de cette épitaphe renvoie aussi plus largement à la question de l’anonymat du sujet dans la commémoration, qui, entre silence et volonté de se souvenir, révèle un peu plus encore les voies sinueuses de la memoria médiévale.

Mots-clefs : Aquitaine, cathédrale, schisme, épigraphie, funéraire.

Une œuvre de Germain Pilon retrouvée, par Laurence Fligny

Une importante tête en marbre du xvie siècle, passée dans une vente publique de province en 2018, a retrouvé son identité et son auteur grâce à une analyse stylistique et historique. Après l’avoir située à une époque précise, celle du règne d’Henri III, l’avoir rattachée à la sculpture funéraire, celle d’un priant, l’avoir reconnue comme du ciseau de Germain Pilon, l’expert Laurence Fligny a pu établir une relation entre cette tête et le tombeau célèbre des Mignons. S’appuyant sur des documents de l’époque (portraits, gravures, contrat, dessins ou poèmes), replaçant cette sculpture dans le contexte politique et intellectuel d’alors, l’auteur a été conduit à y reconnaître la tête de l’un des plus célèbres mignons d’Henri III, Jacques de Lévis-Caylus ou Quélus, décédé à la suite des blessures qu’il reçut lors du célèbre duel des Mignons. Il s’agit donc selon toute vraisemblance du portrait de l’un des trois priants du tombeau des favoris, érigé dans l’église Saint-Paul de Paris vers 1579, commandé par le roi à son sculpteur favori, et détruit une dizaine d’années plus tard par le peuple parisien. Ayant appartenu à la collection Jules Delpit, cette découverte permet en outre de mettre en lumière cette personnalité du Bordelais, grand archiviste, amateur d’art et érudit du XIXe siècle. Il fallait souligner l’apparition d’une nouvelle œuvre de Germain Pilon, l’un des artistes les plus emblématiques de la Renaissance française, qui a rejoint à présent une collection privée.

Mots-clefs : Germain Pilon, priant, mignon, Jacques de Lévis-Caylus, Henri III, tombeau, Jules Delpit.

Le clocher de l’église Saint-Louis-en-l’Île, à Paris (1765) : une œuvre de François Antoine Babuty-Desgodets (1716-1766), par Léonore Losserand

La découverte du devis et marché relatif à la construction du nouveau clocher de l’église Saint-Louis-en-l’Île à Paris, inauguré en 1765, permet désormais d’attribuer cet ouvrage à l’architecte François Antoine Babuty-Desgodets. Le présent travail s’attache, dans un premier temps, à analyser ce document inédit tout en le confrontant à ce que l’on peut observer aujourd’hui du monument. Cette observation est rendue possible par les travaux de restauration en cours qui ont permis d’accéder à une partie de la structure interne et au détail des modénatures, restées longtemps invisibles sous les filets de protection. Dans un deuxième temps, c’est la biographie de Babuty-Desgodets (1705-1765) qui est esquissée pour la première fois : une carrière relativement courte mais dense et émaillée de nombreux chantiers parisiens. Ce travail établi, il est possible d’avancer des clefs de lecture sur la forme de la flèche et de considérer cette dernière comme une synthèse des traditions médiévales et des apports de l’Antiquité, en passant par les formes des nouveaux clochers anglais du XVIIe siècle : une synthèse audacieuse, méconnue et tout à fait dans l’air du temps qui était au nouveau goût  à la grecque.

Mots-clefs : église, chantier, architecte, archéologie du bâti, goût à la grecque, paroisse, Ancien Régime.

English Summaries

(Traduction de Patricia Stirnemann)

A monumental silence. The epitaph of a bishop without a name in the Cathedral of Saint-Pierre in Angoulême (12th century), by Delphine Boyer-Gardner

A twelfth-century inscription in the Cathedral of Saint-Pierre in Angoulême celebrates in an unusual way the memory of an anonymous bishop who is traditionally thought to be Guillaume († 1075). The deconstruction of the work of nineteenth-century historians discussed in relation to the renovation of the building allows for the possibility that in reality the bishop is Girard († 1135). This hypothesis, which is explored by putting the text and monumental form of the inscription into perspective, contradicts a historiography based on the disgrace that this bishop faced in the eyes of Rome following the schism of the 1130s, depriving him of all possibility of a positive posterity. In a larger context, the study of the epitaph raises the question of the anonymity of the subject in a commemoration, which, wavering between silence and the will to remember, reveals even more the sinuous pathways of medieval memoria.

Keywords : Aquitaine, cathedral, schism, epigraphy, funerary (monuments).

A rediscovered work by Germain Pilon, by Laurence Fligny

An important sixteenth-century marble head, sold in a provincial public sale in 2018, has recovered its identity and that of its author thanks to a stylistic and historical analysis. After having situated it in the reign of Henri III and identified it as a praying figure from a tomb sculpted by Germain Pilon, the expert Laurence Fligny was able to establish a relation between the head and the tomb of the Mignons. Using documents from the period (portraits, engravings, a contract, drawings and poems) and by placing the sculpture in the political and intellectual context of the period, the author came to recognize that it was the head of one of the most famous mignons of Henri III, Jacques de Lévis-Caylus or Quélus, who died from wounds received during the celebrated dual of the Mignons. It is thus probably a portrait of one of the three praying figures from the tomb of the favorites, commissioned by the king from his favorite sculptor and erected in the church of Saint-Paul in Paris in 1579. It was destroyed a decade later by the people of Paris. The present discovery concerning the head, which came from the collection of Jules Delpit, also sheds light on the personality of this nineteenth-century Bordelais collector, who was an important archivist, amateur of the fine arts, and scholar. It is worth emphasizing the importance of the discovery of a new work by Germain Pilon, one of the most representative artists of the French Renaissance. The head is presently in a private collection.

Keywords : Germain Pilon, praying figure, favorite (mignon), Jacques de Lévis-Caylus, Henri III, tomb, Jules Delpit.

The bell tower of the church of Saint-Louis-en-l’Île, in Paris (1765) : a work by François Antoine Babuty-Desgodets (1716-1766), by Léonore Losserand

The discovery of the cost estimate and contract for the construction of the new bell tower of the Parisian church of Saint-Louis-en-l’Île, inaugurated in 1765, indicates that the work can now be attributed to François Antoine Babuty-Desgodets. The present article begins by analyzing this unpublished document and confronting it with what we are able to observe of the monument today. This observation is made possible by the restoration work currently under way, which has allowed access to a part of the internal structure and to the detail of the moldings, which have long been invisible under the protective netting. The article then sketches a biography of Babuty-Desgodets (1705-1765) for the first time : a relatively short career, but one that was intense and marked by numerous Parisian worksites. Having outlined the career, it became possible to formulate keys to the reading of the form of the spire and to consider it as a synthesis of medieval traditions and contributions from Antiquity, as well as the forms of the new seventeenth-century English bell towers. It is a bold synthesis, long ignored, completely in keeping with its times, which were marked by a new taste for the Greek style.

Keywords : church, worksite, architect, archaeology of construction, taste for Greek style, parish, Ancien Régime.

Deutsche Zusammenfassung

Traduction de Pierre Steimer

Ein schweigendes Grabdenkmal eines namenlosen Bischofs in der Kathedrale Saint-Pierre von Angoulème (12. Jh.), von Delphine Boyer-Gardner

In der Kathedrale Saint-Pierre von Angoulème ehrt eine Inschrift aus dem 12. Jh. auf ungewohnte Weise einen anonymen Verstorbenen, einen Bischof, der allgemein mit Guillaume (gest. 1075) identifiziert wird. Die Dekonstruktion von Forschungsarbeiten des 19. Jh. erlaubt jedoch, in Verbindung mit Restaurierungsarbeiten am Bau, den 1135 verstorbenen Bischof Girard in Erwägung zu ziehen. Wenn man diese Hypothese im Zusammenhang mit dem Text sowie der Monumentalität der Inschrift prüft, so widerspricht sie allerdings der Geschichtsschreibung bezüglich der Ungnade, in die der Bischof infolge des Schismas der 1130er Jahre bei Rom gefallen war, was seine positive Aufnahme in die Nachwelt ausschloss. Weiterhin hinterfragt die Grabmalstudie auch generell anonyme Erinnerungspraktiken, die zwischen Stummheit und Erinnerungswillen ein wenig mehr über die verschlungenen Wege der mittelalterlichen memoria offenbaren.

Schlagwörter : Aquitanien, Kathedrale, Schisma, Epigraphie, Bestattung. Ein wieder aufgetauchtes Werk von Germain Pilon, von Laurence Fligny

Durch eine Stil- und Quellenanalyse gelang es, die Identität eines bedeutenden, bei einer Versteigerung verkauften Marmorkopfes aus dem 16. Jh. sowie den Namen seines Schöpfers ausfindig zu machen. Nachdem die Expertin Laurence Fligny die Skulptur einer bestimmten Zeitspanne zugeordnet hatte – der Regierungszeit Heinrich III. – und in ihr eine Grabmalskulptur erkannt hatte – eine von Germain Pilon gemeißelte Klagefigur – gelang es ihr, eine Verbindung zwischen dem Kopf und dem berühmten Grabmal der Mignons herzustellen. Die Verfasserin stützte sich auf zeitgenössische Dokumente (Portraits, Stiche, Verträge, Zeichnungen oder Gedichte), stellte die Skulptur in den damaligen politischen und intellektuellen Zusammenhang und identifizierte so den Kopf eines berühmten Mignons von Heinrich III., nämlich Jacques de Lévis-Caylus oder Quélus, der seinen infolge des berühmten Duells der Mignons erlittenen Verletzungen erlegen war. Es handelt sich also sehr wahrscheinlich um ein Portrait eines der drei Trauernden des um 1579 in der Pariser Kirche Saint-Paul aufgestellten Grabmals der Favoriten, mit dem der König seinen Lieblingsbildhauer beauftragt hatte und das etwa zehn Jahre später von der Pariser Bevölkerung zerstört wurde. Das Werk befand sich in der Sammlung von Jules Delpit, dessen aus Bordeaux stammende Persönlichkeit ebenfalls beleuchtet wird, war er doch ein großer Archivar, Kunstliebhaber und Gelehrter des 19. Jh. Es galt auch, ein wieder aufgetauchtes Werk von Germain Pilon zu würdigen, eines der bedeutendsten Künstler der französischen Renaissance. Die Skulptur befindet sich heute in einer privaten Sammlung.

Schlagwörter : Germain Pilon, Klagefigur, Mignon, Jacques de Lévis-Caylus, Heinrich III., Grabmal, Jules Delpit.

Der Glockenturm der Kirche Saint-Louis-en-l’Île in Paris (1765), ein Werk von François Antoine Babuty-Desgodets (1716-1766), von Léonore Losserand

Der wiedergefundene Kostenvoranschlag für den Bau des neuen, 1765 eingeweihten Glockenturms der Kirche Saint-Louis-en-l’Île in Paris kann nunmehr dem Architekten François Antoine Babuty-Desgodets zugeschrieben werden. Im vorliegenden Artikel wird zunächst das unveröffentlichte Dokument analysiert und gleichzeitig mit aktuellen Beobachtungen am Bau verglichen, die aufgrund von laufenden Restaurierungsarbeiten möglich wurden. Beispielsweise konnte die innere Baustruktur sowie Profile im Detail untersucht werden, die bisher unter einem Sicherheitsnetz verborgen waren. Dann wird zum ersten Mal eine Biographie von Babuty-Desgodets (1705-1765) erstellt, der in seiner eher kurzen aber intensiven Karriere zahlreiche Pariser Baustellen leitete. Zusammen ergeben diese Untersuchungen die Möglichkeit, die Form des Turmhelms zu entschlüsseln, indem man diese als eine Synthese aus mittelalterlichen Traditionen und Beiträgen der Antike betrachtet – in Einbeziehung von neuen englischen Turmformen des 17. Jh. : eine gewagte, wenig beachtete Synthese, aber im Geist der Zeit, der dem neuen griechischen Geschmack huldigt.

Schlagwörter : Kirche, Baustelle, Architekt, Bauforschung, griechischer Geschmack, Pfarrei, Ancien Régime.

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